Volte face du gouvernement

Alors que le Sénat italien avait approuvé le 6 août 2018 le Décret Milleproroghe (148 pour, 110 contre et 3 absentions), prévoyant entre autres de reporter d'un an la mise en place du Décret Lorenzin concernant l'obligation vaccinale et l'accès des enfants aux écoles, le gouvernement Lega / 5 Étoiles fait volte face en demandant le retrait de l'amendement qui prévoyait cette clause.

Présenté mercredi 5 septembre en commission des affaires sociales par Maria Lapia, députée du mouvement 5 Étoiles, avec le soutien du vice secrétaire Armando Bartolazzi, également député du mouvement 5 Étoiles, ce nouvel amendement prévoit la suppression du report de l'interdiction d'inscription à l'école pour les enfants non vaccinés.

Si les forces majoritaires confirment leurs intentions, le report de l'interdiction d'inscription pourrait être abandonné à l'issue d'un vote par la chambre des députés. Le nouvel amendement devra ensuite être voté en deuxième lecture par le Sénat.

Une surprise en apportant une autre, un amendement a également été déposé par Paolo Russo, député du mouvement Forza Italia. Il prévoit d'imposer l'obligation vaccinale au personnel des centres de formation, aux enseignants, au personnel scolaire en contact direct avec les enfants, au personnel de santé et aux travailleurs sociaux. Toutefois cet amendement ne pourrait être approuvé qu'à l'issue de plusieurs votes. Un collectif d'enseignants réfractaires à l'obligation qui pourrait leur être imposée s'est récemment constitué.

Une rentrée scolaire chaotique

Le 4 septembre, les premiers enfants ont effectué leur rentrée scolaire en Italie. Dans certaines écoles de la région du Trentin-Haut-Adige, plus précisément dans les communes de Alto piano di Pinè, Dro, Mezzolombardo, Novaledo, Riva del Garda, Rovereto, San Michele all'Adige ou encore Varone, les enfants non vaccinés se sont vus refuser l'accès aux écoles.

Partout en Italie, les familles qui avaient anticipé cette situation n'ont pas inscrit leurs enfants à l'école. Elles ont préféré les garder à la maison plutôt que de céder à la pression administrative. Par exemple, sur la ville de Padoue et sa région, ce sont 800 enfants en moins dans les écoles et 60 enseignants sans travail !

D'autres parents ont choisi de faire des faux, à l'instar d'une mère qui se targuait publiquement d'avoir adressé une fausse déclaration à l'école. La capture d'écran de ses propos a fait le tour des réseaux sociaux suscitant stupeur et indignation. Alerté par plusieurs délateurs, le directeur de l'établissement de l'école Maria Bambina d'Esine à Brescia, a dénoncé cette mère de famille aux carabiniers pour faux et usage de faux.

La brigade "antidopage" dans les écoles maternelles

Peu de temps après cette affaire de faux, les carabiniers de la NAS – département spécial dépendant du ministre de la santé ayant pour domaines d’investigations la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire, connu notamment pour ses opérations surprises dans le milieu du cyclisme – ont été mobilisés sur une mission bien particulière.

Munis de listes précises et détaillées fournies par les agences régionales de santé (ASUR), les carabiniers ont entrepris des contrôles dans les écoles. Ils vérifient que les documents enregistrés par les structures scolaires sont identiques aux listes fournies par les agences régionales de santé. Les contrôles ont déjà commencé en Campanie, dans le Latium, en Lombardie, dans le Piémont, en Toscane et en Vénétie. Dans les prochains jours, ils s’étendront également aux autres régions. Sur près de 15000 dossiers examinés, une vingtaine seraient suspects et devront faire l'objet d'une enquête. En cas d'infraction, les auteurs de faux s'exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement.

Le 6 septembre, dans un communiqué, la ministre de la santé a vivement remercié les carabiniers de la NAS pour l’important travail qu’ils accomplissent, renforçant l’alliance entre les institutions et les citoyens. Mais pour les parents, c'est la douche froide ! Ils se sentent d'autant plus trahis que l'actuel gouvernement s'était engagé à abroger le Décret Lorenzin, et donc permettre à tous les enfants d’accéder aux écoles. Les propos de l'actuelle ministre de la santé étaient pourtant sans ambiguïté l'année dernière, lors de son intervention au parlement :

"Nous voterons avec conviction contre un Décret qui n'est fait avec aucune logique du début à la fin"

Compte tenu de la situation actuelle, des victimes intoxiquées toujours plus nombreuses, une véritable politique de protection des populations consisterait à missionner les carabiniers de la NAS pour contrôler la toxicité des constituants des vaccins. Mais la logique en a voulu autrement !

Les parents ne baissent pas les bras

Plus que jamais mobilisés pour faire valoir les droits de leurs enfants, parents et associations citoyennes organisent une manifestation ce mardi 11 septembre à Rome, et le dimanche 23 septembre à Bologne, pour défendre le respect de l'école pour tous.

Alors que l'on enseigne le devoir de mémoire pour se souvenir des événements tragiques de l'humanité, des victimes, l'histoire se répète 76 ans plus tard ! Le contrôle, l'identification et le fichage d'une certaine catégorie de la population par les autorités nous rappellent malheureusement le début d'une période sombre où une idéologie primaire s'imposait.


Les enfants non vaccinés sont exclus des écoles, discriminés, relégués comme l'ont été les enfants juifs en 1942. Va-t'on bientôt nous obliger à ressortir les vieilles pancartes d'interdiction à l'entrée des jardins publics, des magasins, des cinémas, des piscines, en remplaçant simplement le mot "juifs" par "non vaccinés" ? Les non vaccinés seront-ils prochainement déportés dans des camps afin de protéger les populations vaccinées ?

Devant tant d'absurdités et d'intentions hostiles, il appartient à chacun d'entre nous de ne pas laisser la haine de son prochain se réinstaller en Europe et dans le monde. Le discours des responsables de l'action publique concernant la protection des populations n'est plus qu'une posture politiquement correcte à adopter devant une communauté internationale qui n'hésite pourtant pas à soutenir les états spoliant les citoyens de leurs droits fondamentaux. La liberté de disposer de son corps est aujourd'hui à reconquérir.

Mary Pasteur